En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Fermez les Centres de Rétention !

La secrétaire générale de La Cimade dénonce : les enfermements arbitraires, les violences et les mises à l’isolement répétées, un climat de stigmatisation grandissante, les expulsions illégales

Solidarite avec Mimmo Lucano

Bonsoir à tous,
Vendredi 25 janvier, prévenu par la Cimade, je me précipite vers la CRA pour la sortie imminente selon la police (5') de deux jeunes palestiniens Abdel 20 ans et Hakim 18 ans arrêtés la veille à la gare routière et libérés aussi sec par la préfecture qui ne devait pas trop savoir qu'en faire.

Il est midi, il pleut, chemin impraticable, file ininterrompue de véhicules sortant d'Airbus, j'ai été averti qu'ils avaient de lourdes valises, je stationne devant le portail et je sonne, pas de réponse, apparemment interphone en panne, des véhicules entrent et sortent dont la minette de l'OFFII, le portail s'ouvre j'entre en voiture et me fais sortir par un policier à qui j'explique être venu chercher deux personnes toujours pas là. Je ressors et reste devant la grille. Il semblerait que ce soit le changement de service, des véhicules entrent, un fourgon de police arrive, un semi-remorque avec une pelleteuse cherche à entrer dans le chantier voisin.
J'appelle la Cimade, pas de réponse, Pablo, sur répondeur, la Cimade à nouveau, Elsa répond et va s'informer : encore 2' ! Je craque et je repars vers la zone de stationnement pour faire demi-tour et revenir stationner devant le portail de la ferme en face et j'attends encore. Enfin ils sortent, je traverse et les embarque ainsi qu'un jeune tunisien qui venait aussi d'être libéré et souhaitait aller sur Toulouse. Hakim me signale alors qu'on ne leur a pas rendu leurs passeports, je stationne à nouveau devant le chantier et rappelle Pablo qui me dit qu'il va voir avec Maître Bréan s'il peut les récupérer, le semi veut sortir du chantier, on repart et dans la file et un peu plus loin notre tunisien voit un ami à lui sans doute venu à sa rencontre et je le dépose pour terminer le trajet avec mes gazaouis.

Après cet épisode et être arrivé chez moi comme ils sont attendus par leur familles respectives à Bruxelles, recherche de billets. Flixbus à 17h00 direct (enfin 13h45 de voyage) premier billet à 50 € mai second à 70 € (yield management !) à charge du CdV car ils n'ont pas le sou. On fait des copies de leurs documents et on discute avec Hakim car il parle assez bien l'anglais alors que Abdel ne parle que l'arabe.

Hakim qui ne supportait plus de vivre sous la coupe du Hamas a eu la chance d'obtenir un visa étudiant pour la Maroc où il est arrivé en avion via le Caire après avoir quitté Gaza par le passage de Rafah. Il a pu grâce à un passeur (600 €) escalader la grille de Melilla puis traverser l'Espagne sans problème jusqu'à Toulouse; il a connu Abdel au Maroc qui a dû payer beaucoup plus (10.000 $) pour arriver au même point : bakchich égyptien à Rafah (1300 $), avion vers la Mauritanie, passeurs au Sahara via l'Algérie puis pour entrer à Melilla.

Après leur passage par l’Espagne, ils sont particulièrement surpris de la dureté de la police française mais très reconnaissants d'avoir été aidés. Surpris aussi de voir que la réalité de l'Europe n'est pas à l'image qu'ils peuvent s'en faire à travers les médias à Gaza.

Vers 16h00 on décolle vers la gare routière où il n'y a eu aucun problème pour leur embarquement. Ils ont promis d'appeler à leur arrivée à Bruxelles.

Je joins copie de l'un des deux dossiers sur lesquels on ne peut que constater une fois de plus l'incohérence de la préfecture :

  • le premier confirme la confiscation du passeport et leur demande d'aller le chercher à la préfecture,
  • le second stipule qu'ils doivent quitter le territoire par leurs propres moyens et dans le plus brefs délais.

Nous verrons la semaine prochaine avec leur avocat comment récupérer ces foutus passeports.

Jean-Pierre

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

Visites au CRA

Archive

Powered by mod LCA